21.11.06

Le Vol du Bourdon

Place des Vosges


Ils sont en train de jouer le vol du bourdon

Bourdonnante est la foule aux environs
Sous les arcades de la place des Vosges
Qui meurt d’ennui d’un dimanche après-midi
En tournant en rond

Je voudrais prendre en photo le gars au milieu
Il m’avait vu en train de manipuler mon viseur
Il m’avait fait plein de tics précieux
Promettant la réussite à une image d’amateur
Mais la zone central du cadrage trop exposée
Au soleil presque glorieux
pour un dimanche après-midi totalement ennuyeux
me fait hésiter à déclencher le déclencheur
Le vol de bourdon va bientôt atterrir
De moins en moins d’occasions il me reste à saisir
La musique est enfin terminée sur un sol bémol
Et mon ambition un clic tout mou:



Place des Vosges

17.11.06

Fait Lui Confiance Quand Tu l’Embrasses

Never believe when you embrace each other


Langueur d’amour
Bénie par l’évêque Siflou
Qui est certainement le nom
Porté par la statue anonyme
Nichée dans la tour sud-ouest
D’une cathédrale
toujours encombrée par les touristes

Amour est
Pour les gars :La couleur de cheveux n’a aucune importance
Pour les nana :Fait lui confiance quand tu l’embrasses

16.11.06

Sieste


(Louvre et son SDF)


Très grand et très petit
Trop splendide et presque sans lueur d’espoir
Totalement immobile et toujours errant
Vertical et horizontal
froideur de pierre et pesanteur due à la gravité terrestre
Quasiment divin et rien d’autre que l’éternelle condition humaine



21.6.06

Un Flâneur





Paris est idéal pour les somnambules
Qui rêvent au bord de la Seine

Le meilleur moment de se coucher
Pour celui qui dort en marchant
Est pendant une soirée de juin
Ivre de la brise estivale
sous le clair de lune


(pour rattraper les yeux fermés de mon modèle,photo prise le 10, juin, l'anniversaire de la Déesse Nitrofecnerual.)

13.10.05

Roa et Chumin




Il y a longtemps, j'ai lu dans un livre des vers bouddhiques l'histoire de Roa et Chumin, qui s'est passée il y a tant de temps qu'on a du mal a se rappeler ce qui est vraiment arrivé, sinon le vague souvenir d'un petit poème, enregistré par la main d'un anonyme dans un livre des vers bouddhique, qui résumait toutes les emotions du poète Roa, a travers ses longues années d'attente, pour retrouver son ami le moine Chumin.

Sans Titre

Je suis l'ancien esprit sur Roc de Trois Vies,
Ne me demande pas ces beaux souvenirs oublies,
Desole d'accueillir ainsi,
Un homme de sentiments qui
A parcouru ce long chemin pour me rendre
La visite promise,
Mon etre n'est plus pareil
Mais c'est toujours moi que voici.
-anonyme-

Si mes souvenirs ne sont pas encore trop obscurcis par le temps, alors Roa et
Chumin etaient deux bons amis, ils s'entendaient si bien qu'ils avaient du mal a se distinguer l'un de l'autre, ils se suivaient partout et ils partageaient tous leurs biens.
Le poète Roa dédiait toutes ses oeuvres au moine Chumin et ce dernier répondait par des poèmes encore plus magnifiques inspirés par le talent de son ami.
Ces deux amis ont vraiment passé du bon temps ensemble et leur bonheur a éte infini jusqu'au jour où, aprés une méditation, le moine dit a son ami:

"Mes jours dans cette vie s'achevent, je vais aller me reincarner maintenant, mais ne sois pas triste, tu me retrouveras dans 20 ans, à tel endroit dans le sud, devant un tel temple, je t'attendrai là-bas et je serai toujours ton meilleur ami."

Et puis il etait mort. Heureusement un moine est celui qui sait bien méditer et s'orienter dans le cycle de la reincarnation.

Mais pas un poète. Il ne sait pas ni méditer ni se repérer dans la métamorphose infinie, il n'a qu'une plume qui ne connaitra qu'une vie. Roa fut si triste qu'il perdit presque le courage de continuer a réspirer, a sentir, a rire, a rythmer les sons, a harmoniser le sens des mots; sans le moine, le poète n'etait plus poète, sans Chumin, Roa n'existait plus.

Cela fut très dur, mais il vécut ainsi 20 ans sans pouvoir etre ni le poète ni Roa, tout en gardant l'espoir de retrouver un jour son ami le moine Chumin et redevenir enfin le poète Roa avant de mourir et se perdre dans le cycle de la reincarnation sans issue.

Le jour du rendez-vous etait en fin arrive, cet homme deja tres vieux et faible rassembla tout le courage qui lui restait encore, et il parcourut des milliers et des milliers de kilomètres pour se rendre dans le pays méridional, sous le soleil, et il attendit avec impatience, devant le temple indique, la venue de son ami le moine Chumin.

Soudain, une voix claire attira son attention, il tourna la tête, un petit garçon, assis sur le dos d'un buffle, etait en train de passer devant lui, chantant une petite mélodie campagnarde.

C'etait justement ce poème enregistré par la main d'un anonyme dans le livres des vers bouddhiques que je avais lu il y a long temps.

Le poète Roa avait ses yeux grande ouverts et il arreta le petit garçon sur le buffle, un garçon de la campagne tout sale et innocent; il expliqua au poète qu'il venait juste d'apprendre la chanson la veille, dans la rue, par hasard.